Autisme : un trouble polymorphe

Autisme : un trouble polymorphe

Le problème de Gabin, 5 ans, ce sont les interactions sociales. Pourtant il s’exprime très bien et c’est un élève très brillant. Yasmine, 4 ans, a un important retard de langage et présente une déficience intellectuelle sévère. En apparence, ils n’ont rien en commun. Pourtant, ils souffrent tous les deux d’autisme, que l’on définit désormais sous le terme de Trouble du Spectre Autistique (TSA). Autisme, TED, TSA, Asperger, Rett… pas facile de s’y retrouver ! Quelles formes peut prendre l’autisme ?   

 Définition du trouble du spectre autistique

Lautisme, que l’on nomme désormais Trouble du Spectre Autistique, est un trouble envahissant du développement qui affecte considérablement le rapport aux autres et qui se caractérise par un comportement répétitif et stéréotypé. Depuis 1990, la 10e édition de la Classification Internationale des Maladies était la référence des praticiens de santé pour classer les différentes catégories d’autisme. Elle recense plusieurs catégories de Trouble Envahissant du Développement (TED).

Les différentes catégories d’autisme

L’autisme infantile :

Le terme infantile, qui caractérise cette forme d’autisme, vient du fait que ce trouble apparaît dès les premiers mois de la vie du jeune enfant et perdure ensuite toute sa vie. Il se manifeste par l’absence de réaction aux émotions de l’entourage de l’enfant. Il n’y a pas d’échange, de réciprocité entre lui et les autres personnes. Contrairement aux enfants de son âge, il ne s’essaie pas aux jeux d’imitation ou du « faire semblant ». Le jeune enfant atteint d’autisme développe un attachement très particulier pour un objet spécifique et insiste pour que les routines quotidiennes et les rituels soient bien respectés. Il s’oppose d’ailleurs à toute modification de son environnement.

L’autisme atypique :

Ce qui le différencie principalement de l’autisme infantile, c’est l’âge auquel apparaissent les signes du handicap. En effet, les altérations du développement se manifestent après l’âge de trois ans. Dans les cas de l’autisme atypique, l’enfant ne présente parfois pas toutes les caractéristiques de l’autisme. Par exemple, le comportement stéréotypé et restreint ou les difficultés de communication peuvent être inexistants. Mais d’autres symptômes émotionnels ou comportementaux rejoignent pourtant ceux de l’autisme infantile.

 Le syndrome de Rett :

Alors que le nourrisson (uniquement des filles) se développait très bien jusqu’à ses 7 mois, un ralentissement de la croissance crânienne, et une perte des acquis, notamment du langage et de l’usage des mains, s’emparent de l’enfant entre 7 et 24 mois. L’enfant ne se développe plus sur le plan de l’interaction et du jeu. S’en suivent une détérioration de la motricité et un retard mental sévère.

L’association retard mental et hyperactivité :

Cette catégorie rassemble sous le diagnostic d’autisme, les enfants présentant un retard mental sérieux associé à une hyperactivité envahissante et des comportements stéréotypés. Ce syndrome se caractérise également par divers retards de développement.

 Le syndrome d’Asperger :

Il se distingue de toutes les autres formes d’autisme, car chez les personnes atteintes du syndrome d’Asperger, on ne relève aucune déficience ni aucun retard. Généralement maladroits, ces enfants ont une intelligence normale, voire supérieure à la moyenne. Les seuls points communs avec l’autisme sont les difficultés à comprendre les autres, à savoir comment réagir face aux autres et toute autre forme d’interactions sociales en général. Un comportement répétitif et des centres d’intérêt assez restreints sont aussi des facteurs importants pour diagnostiquer un syndrome d’Asperger.

 Autre trouble désintégratif de l’enfance :

Jusqu’à l’âge de 2 ans, l’enfant se développe tout à fait normalement. Pourtant, après cette première période, des troubles surviennent sans raison apparente. Les compétences acquises se dégradent. L’enfant devient irritable, anxieux et hyperactif puis il perd progressivement ses acquis de langage et son comportement semble désorganisé. Ses rapports aux autres et ses facultés de communication sont fortement altérés. Si, dans certains cas, les enfants atteints de cette forme d’autisme récupèrent en compétences, la plupart d’entre eux gardent un retard handicapant.

Autres troubles envahissants du développement :

Cette catégorie regroupe les cas d’enfants dont la relation aux autres et la façon de communiquer sont très altérées. À cela viennent s’ajouter des centres d’intérêt restreints et des comportements stéréotypés et répétitifs. Dans la majorité des cas, ces pathologies se développent dans les 5 premières années de vie de l’enfant. Ces troubles sont parfois accompagnés d’un retard mental plus ou moins important, mais ce n’est pas systématique.

 Regrouper toutes les formes en « TSA » est-ce vraiment plus clair ?

Cette classification des différentes formes de l’autisme est en vigueur depuis de nombreuses années. Un nouveau Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux (souvent noté DSM) a été établi en 2013. Il a été suivi d’une nouvelle édition (la 11e) de la Classification Internationale des Maladies (CIM11). Elle a été adoptée en 2019 et devrait entrer en vigueur en 2022. Cette nouvelle classification regroupe l’ensemble des catégories que nous venons de répertorier en une seule et unique appellation : le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA). Effectivement, ce n’était pas facile pour les professionnels de santé de faire la distinction entre les nombreuses formes d’autisme dont les symptômes se recoupent souvent.

Les capacités intellectuelles comme nouveau mode de classification

Pourtant, depuis que le nouveau manuel (DSM5) est entré en application, poser un diagnostic n’est pas forcément plus simple. C’est essentiellement le niveau intellectuel qui doit faire la différence. Désormais, les médecins doivent déterminer si leur patient est autiste sans handicap intellectuel, autiste sans déficience intellectuelle, autiste avec des habiletés cognitives dans la moyenne, autiste intellectuellement capable, autiste cognitivement capable, autiste à haut niveau de fonctionnement ou encore autiste à haut niveau cognitif.

Source de l’image : https://comprendrelautisme.com/

Un problème subsiste dans cette volonté de catégorisation de l’autisme : les personnes qui présentent un potentiel intellectuel très élevé, et les femmes, dont la capacité à s’adapter à leur handicap est plus importante que celle des hommes, passent à travers les mailles de ces diagnostics.

Pour les parents qui s’interrogent sur le comportement déviant de leur enfant et qui soupçonnent une forme d’autisme, ces classifications, qui plus est en remaniement, peuvent paraître confuses. Privilégier l’observation de son enfant, interroger les personnes qui sont en contact régulier avec lui (assistantes maternelles, auxiliaires de puériculture, professeurs…) sont les attitudes primordiales afin de décider si une consultation chez un spécialiste est nécessaire. Plus le diagnostic de l’autisme est précoce et plus grandes seront les chances de l’enfant de s’adapter à son environnement et de trouver les outils nécessaires à son intégration.

 

 

2020-05-25T11:27:52+00:0025 mai 2020|Divers|
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